Les volcans pourraient-il réparer notre climat ?

Nous pourrons bientôt savoir si la reproduction des effets d’une éruption volcanique est un moyen sûr de refroidir le climat face au réchauffement climatique.

On pourrait penser q’une éruption volcanique réchaufferait la terre. Mais à l’entrée en éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991, le phénomène a réduit la température mondiale d’environ 0,5°C pendant deux ans. Certains scientifiques se sont demandé s’il serait possible de répliquer artificiellement cet effet afin de contrecarrer les conséquences de l’excès de dioxyde de carbone dans l’atmosphère? Deux chercheurs d’Harvard projettent de mener des tests dans le ciel du Nouveau-Mexique.

Le rejet dans la stratosphère, au-dessus des systèmes météorologiques de la terre, de grandes quantités de produits chimiques dérivés du soufre sous la forme de minuscules particules appelées « aérosols » est à l’origine de l’effet refroidissant du Pinatubo. Ces particules invisibles affectent la quantité de lumière du soleil qui atteint la terre en en renvoyant une partie dans l’espace, comme un parasol de brume qui peut rester dans l’atmosphère entre douze et vingt-quatre mois.

Les professeurs David Keith et James Anderson mettent au point une expérience visant à injecter d’infimes quantités de particules de sulfate dans la stratosphère via un ballon. Ils veulent vérifier s l’ajout d’aérosol peut modifier la couche d’ozone. D’autres scientifiques s’inquiètent des conséquences que le projet pourrait avoir en matière de géo-ingénierie.

Les techniques de gestion du rayonnement solaire serviraient  uniquement dans le domaine des effets thermiques de la hausse en CO2 sans freiner l’acidification des océans. Les partisans de cette méthode la disent plus abordable et moins complexe que les solutions alternatives.

Le problème est que les études en laboratoires sont toujours limitées. La norme idéale consiste à mener des essais atmosphériques, mais même les tests basiques ont des retombées légales, éthiques et politiques. Une meilleure connaissance scientifique sera précieuse, mais une question se posera : à qui appartient le ciel ?